VTC et Auto-Entrepreneur : un mélange qui dérange

EntrepreneuriatGérer mon Auto-Entreprise Par L'équipe Evo'Portail - Posté le 19 février 2014 - Consulté 23787 fois

Décidément, le régime auto-entrepreneur gêne : c'est autour des taxis de s'y attaquer. Ils reprochent en effet aux VTC (voiture de chauffeur avec tourisme), de trop faire appel à des auto-entrepreneurs. Mais les sociétés de VTC qui salarient, crient aussi à la concurrence déloyale contre les sociétés de VTC qui ne font que de la « vente de réservations » auprès de chauffeurs indépendants. Explications.

 

Non seulement les taxis sont contre les VTC, mais les différents acteurs de VTC eux mêmes pourraient se déchirer : d'un côté ceux qui salarient leurs chauffeurs, à l'image de serviceprestige.fr, acteur historique destiné à une clientèle très haut de gamme, et les nouveaux qui vendent à des chauffeurs indépendants de la réservation de courses « en masse » : Uber, Chauffeur-Prive.com, etc

Le souci pointé du doigt ?

Que les indépendants affiliés à ces plateformes de réservation nouvelle génération soient principalement des auto-entrepreneurs. Devenir auto-entrepreneur est assez simple, résultat, des milliers de chauffeurs arrivent sur le marché rapidement. Évidemment, ça ne plait pas aux taxis: non seulement l'idée même du VTC leur fait bloquer Paris, alors si en plus il est assez aisé de le devenir, ils craignent pour l'équilibre de leur marché. Mais ils ne sont pas les seuls, puisque même certaines compagnies de VTC s'en offusquent à l'image de Camille Rechard, président de la fédération des VTC et patron de Service-Prestige : « La vraie concurrence déloyale est là ; le recours industrialisé au statut d'auto-entrepreneur crée une vraie distorsion de concurrence entre les taxis artisans et des VTC réservés via Smartphone ou Internet ».

Rappelons pourtant qu'il ne s'agit pas simplement de s'inscrire comme auto-entrepreneur pour prétendre à une licence VTC, il faut aussi notamment passer par une formation complète de 3 mois. Celle ci représente souvent un investissement notable, ainsi elle coûte 4800 euros chez EFC FORMATION.

Auto-entrepreneur et VTC : idéal juste pour se lancer :

Le régime auto-entrepreneur est simple, si simple qu'il n'est pas possible de déduire ses frais lorsque l'on règle ses cotisations : en effet, le calcul est réalisé sur la base du chiffre d'affaire et non du bénéfice. Hors un VTC cumule les frais : principalement la location d'une voiture haut de gamme et l'essence. Ainsi, d'après Pierre-Dimitri Gore-Coty, patron d'Uber France, si le régime auto-entrepreneur est largement plébiscité par les nouveaux chauffeurs VTC, il n'est pas adapté sur le long terme: « On observe toujours la même dynamique. Les chauffeurs en auto-entreprise adoptent un statut plus traditionnel souvent au bout de quelques mois, car c'est financièrement plus intéressant. » (source Le Figaro).

Auto-entrepreneur et VTC, un faux problème :

On l'aura compris, le statut d'auto-entrepreneur est inadapté lorsque l'on doit « dépenser pour fonctionner ». Aussi, sur la durée, VTC et auto-entreprise ne peuvent faire bon ménage, sans parler du plafond plus que raisonnable pour cette activité : 32.900 euros par an, limite de la somme à encaisser pour une année civile.

VTC auto-entrepreneur = salariat déguisé ?

Pour certains détracteurs, les sociétés comme Chauffeur-Prive, se rendraient coupables de salariat déguisé en faisant appel à des indépendants, souvent auto-entrepreneurs. Leur modèle est assez simple : ils font connaître leur service de réservation par mobile aux consommateurs puis revendent les réservations de ces derniers à des chauffeurs indépendants. En échange la société touche une commission sur le prix de la course. Il s'agit la d'un modèle que connaissent bien les taxis. En effet, les sociétés comme G7 ou TAXIS BLEUS fonctionnent de la même façon : des taxis indépendants s'inscrivent chez eux pour bénéficier des demandes de courses qu'ils reçoivent.

Accuser Chauffeur-prive ou Uber de salariat déguisé revient à accuser G7 ou TAXIS BLEUS du même délit… ce qui n'a jamais été fait. Un refus de l'évolution d'accès à l'entreprise :

Tout cela démontre que tout semble bon pour incriminer les VTC et les sociétés qui leur apportent des commandes rapidement et simplement grâce aux nouvelles technologies. En réalité, chacun le sait, il n'est pas judicieux de rester auto-entrepreneur lorsque l'on se lance dans le VTC, c'est simplement une porte d'entrée simplifiée pour (enfin) oser se lancer.