Pour le ministre du travail, les auto-entrepreneurs sont responsables du record de faillites d'entreprises en 2013

Actualité du régimeEtudes Par L'équipe Evo'Portail - Posté le 4 décembre 2013 - Consulté 14238 fois

Voila une annonce qui n'a pas manqué de lancer la polémique : alors que la France connait un triste record, en cette année 2013, du nombre d'entreprises en faillite, le ministre du travail, Michel Sapin, a fait porter la responsabilité de ce constat catastrophique aux auto-entrepreneurs. Explications.

 

44 000 : c'est le nombre d'entreprises qui ont fait faillite cette année sur notre territoire, il s'agit là d'un record historique. Face à cette dure réalité, le ministre Michel Sapin a préféré "relativiser" en expliquant: "Dans les entreprises qui sont comptabilisées aujourd'hui, il y a toutes les auto-entreprises. Et les auto-entreprises, il y en a énormément qui meurent. C'est d'ailleurs une des critiques qu'on peut faire à auto-entrepreneuriat aujourd'hui. Ce sont des entreprises parfois un peu factices". (RTL, le 02/12/2013). Pour le ministre, non seulement ce record est dû au nombre d'auto-entreprises qui auraient fermé en 2013, mais en plus les auto-entreprises sont "parfois factices". Voila qui est dit et qui montre, une fois de plus, le désamour du gouvernement pour ce régime qui, rappelons le, profite à quelques 900.000 français dont une partie importante de chômeurs. Oui mais problème, le chiffre de 44.000 n'inclut pas les auto-entrepreneurs ! Il s'agit des entreprises du droit commun (entreprises dites "classiques"), en redressement ou en liquidation judiciaire. La responsabilité de ce record ne peut donc pas être porté par les auto-entrepreneurs car ils ne sont pas comptabilisés dans l'impressionnant chiffre de 44.000.

Ludovic Badeau, président d'Evo'Portail a souhaité réagir immédiatement en s'adressant à Michel Sapin : "Les auto-entrepreneurs ne sont pas des entrepreneurs factices !" (consulter le communiqué). La réaction de la Fédération des auto-entrepreneurs ne s'est pas non plus faite attendre : "C'est un cafouillage inacceptable de Monsieur Sapin sur les défaillances d'entreprises ! (...) Le gouvernement serait mieux inspiré de faciliter leur sauvegarde et veiller à leur financement en étant plus exigeant avec les établissements bancaires plutôt que de chercher des proies faciles pour l'opinion, ce qui au fond ne résout rien!".